Comment la France manœuvre pour le maintien du FCFA ?

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Alors que les nationalistes africains se battaient pour les indépendances, les stratèges français nous ont servi une pseudo indépendance dans laquelle elle détenait tous les leviers pour nous contrôler. On se dirige vers ce scénario depuis le déclenchement des mouvements nationalistes anti Franc CFA.

La population africaine doublera d’ici 2050, ce qui va représenter un atout majeur pour la croissance économique du continent avec le développement massif des infrastructures devant soutenir la création des richesses.

Au-delà de tous les fantasmes et gesticulations, l’émergence du continent est une réalité. Maroc, Ethiopie, Kenya, Algérie, etc…, l’Afrique de plus en plus à des champions qui tirent sa croissance. Depuis 2010,  la Chine est devenue le premier partenaire économique du continent, aujourd’hui  premier créancier, l’Afrique fait partie des régions qui impactent la croissance du monde.

Le Continent africain représente un réservoir en ressources naturelles et minières, le code minier prévoit la transformation de 15% dans le pays d’origine, l’industrie minière étant un atout majeur pour nos économies, la Zambie selon un rapport de l’ONG  Oxfarm aurait perdu en 30 ans plus de 100 milliards de dollars au profit des multinationales occidentales.




Dans un rapport publié conjointement par la Banque Africaine de Développement et l’ONG Global Financial Integrity, qui explique qu’en 30 ans, entre 1980 et 2013, l’Afrique a perdu pratiquement 1400 milliards de dollars au profit des multinationales occidentales.

Lorsqu’en 2014 , la France déclenche une vague de manifestations en s’appuyant sur la société civile et intellectuels africains pour décrier ce qu’ils appellent « les contrats de dupes » signés par la chine sur le continent, il était claire que ces occidentaux ont été frappés par la Chine au cœur du symbole de leur substance vitale. Cette même année, le Cameroun a arraché de l’Américain Geovic pour la Chine l’un des plus gros projets miniers , le Cobalt de la Nkamouna. Sans oublier la main mise de la Chine sur les gisements de cuivres de Zambie.

En 2013 le monde découvre le  Rapport «Afrique France : un partenariat pour l’avenir » encore appelé rapport Vedrine déposé à la commande de l’Elysée à l’attention de l’establishment français. Dans ce rapport, la France va citer la Chine comme une menace pour ses intérêts en Afrique. Un Tink Tank sera créé par la suite par Vedrine avec comme membres, Lionel Zinsou et bien d’autres personnalités noires.

Un élément capital dans ce rapport : « La France va élargir la Zone FCFA  aux pays tels que le Ghana et le Nigeria, » la même année Ouattara était en Guinée Conakry convaincre le pays de Sekou Touré de rejoindre cette organisation.




Alors que en 2011, la France a bombardée la résidence du Président Gbagbo parce que ce dernier avait pris sur lui de battre une monnaie ivoirienne, par quel miracle en 2017  la France décide-t-elle de se débarrasser de cette monnaie ?

Certains  intellectuels africains dénoncent l’incapacité des pays africains à renflouer le compte d’opération, ce qui est préjudiciable pour la France.

Comment expliquer cette volte-face des stratèges français ? Sommes-nous  tout simplement dans une stratégie bien ficelée par la France pour tuer ce que les stratèges européens redoutent le plus à savoir le sentiment nationaliste des Africains ?

Dans un rapport prospectif à 30 ans dénommé «Horizons stratégiques» sur les tendances lourdes de la politique extérieure et de défense française à long terme, publié en 2012, les stratèges français ont mentionné le nationalisme africain comme un obstacle véritable à leur politique sur le continent.

Si les africains sont unanimes sur un point, c’est ce qui fut décrié il y a quelques mois par l’ancien secrétaire exécutif de la commission de l’ONU pour l’Afrique Carlos Lopez, le FCFA  qui aujourd’hui reste l’une des rares manifestations de l’esclavage et de vampirisme des peuples.

Il n’est pas exclus que la France ait commandé un mouvement d’ensemble sur le continent pour dénoncer cette monnaie, l’objectif étant de mettre sur pieds un contre-courant par des intellectuels pour décrédibiliser ces actions en nous présentant le FCFA comme non pas une solution, mais un mal nécessaire, maintenir le compte d’opération et déclencher pour les plus radicaux une guerre économique et d’usure comme c’est le cas en Afrique centrale. Si le Tchad est en situation de crise c’est en partie à cause de l’instabilité en Libye, le pays va mobiliser 10 milles hommes à la frontière, le commerce de bétail entre les deux pays bloqué, on observera le même scenario à la frontière avec le Soudan et du Nigeria.




En mobilisant l’élite intellectuelle camerounaise la veille des élections, Louis Marie Kemajou, Dieudonne Essomba, la France veut amener le peuple à se désolidariser de la dynamique de rupture initiée par nos dirigeants dans l’espoir d’un retour au FCFA au cas où un dirigeant pro français reviendrait au pouvoir.

Tous ces intellectuels réfractaires à la sortie du FCFA ont pour alibi le Nigeria qui fait face à une crise monétaire. Par ailleurs, ce qu’ils font semblant d’ignorer c’est que chaque pays à un moment donné subi cette crise, la Banque Centrale du Nigéria vient en urgence de rendre le naira plus fluctuante, une victoire pour l’institution pour sortir du chaos.

Mali, Niger, Sénégal ,Gambie, Cote d’ivoire, Benin, etc… la présence musclée de l’armée française au nom du terrorisme et la volonté de l’establishment français d’accroître son effectif militaire en Afrique de l’Ouest est une garantie de la soumission de cette région à la France. Lorsque le président Hollande se dit favorable à tous types de propositions sur le FCFA, il est conscient d’un fait, la France détient dans cette partie du continent tous les leviers pour divertir les peuples avec une formule qui garantirait inévitablement ses intérêts.

Albin Njilo

 


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